Histoire commencée un jour de déprime, où je me suis défoulée sur ma feuille, d'où un esprit assez ... sanglant ? gore ? ouais ^^ Le titre vient d'une chanson de mon groupe préféré ( The Birthday Massacre, pour ceux qui ne me connaissent pas ) qui je trouve reflete bien l'idée du texte ^^"
Horror Show
La pièce était blanche, toute blanche, avec cet air lumineux et evanescent qu'on les asiles. Le sol grisâtre disparaissait de sa couleur éffacée sous la poussière et un téléphone au mur sonnait. La sonnerie était acide et stridente, les oreilles sourdes de la jeune fille résonnaient lourdement et de sa bouche ouverte semblait sortit un son éteint, ce qui aurait été une mélodie inconnue, tandis que ses yeux resteraient fermés pour l'éternité. Des éclats de tissu parsemaient le sol, plaies arrachées à son pull de maille par la lame, teintées de rouge. Un large trace s'étendait sur ce qui restait de cet enchevêtrement de laine, bavant sous l'effet de la gravité, une bande assombrie et sanguignolante. Un flaque sous elle se formait lentement, et elle paraissait y flotter comme un corps inerte. Il plongea sa main blanche dans la poix coagulée. Il y tenait une chaîne, dont les maillons suintaient désormais d'un âpre sang, il en fit goutter au sol sur le tapis clair. Sans savoir pourquoi, il ne ressentait rien, absolument rien, un délicieux néant envahissait à présent son esprit. Il la voyait à terre, baignant dans la lumière et le sang, Le jour s'obscurcissait sous d'épais nuages dehors. Puis il se reveillait, et pris d'un étrange folie, il sentit des milliers d'aiguilles fendant sa peau, un éclair lui traversant la colonne vertébrale.
En arrivant dans la pièce, Jake se demandait ce qui avait pu s'y passer, quelle équation morbide avait pu conduire au carnage qu'il observait de ses yeux gris. L'horreur de la scène se formait en phrases littéraires et froidement crues, comme si le choix juste des mots et leur parfaite ordonnance avait le pouvoir de les vider de leur sens, de créer cette douloureuse anesthésie à laquelle le commun des mortels se refusait.
La première chose qui l'avait frappé de plein fouet en ouvrant la porte était l'odeur de la mort, substancielle dans l'air, un étrange mélange du parfum que dégageait le sang séché à celui qu'exhalait ces particules de vie éteintes en suspension. Il n'aurait su le définir autrement, car malgré sa prédominance certaine, l'odeur du sang n'était pas la seule; Il manquait la douceureusement âcre odeur de la poudre noire, comme si seule une arme à feu éclatante aurait pu justifier d'un spectacle si glacial.
Sombre, la pièce était éclairée par la brillante lumière du jour, ainsi que par les néons luminescents du plafond. Pourtant, partout autour de lui, Jake ne voyait que du noir, une couleur changeante et affreusement déssechée, dont les jets de peinture sanguinaire s'écaillaient ironiquement. Ils avaient jailli sur les murs, ils en avaient coulé en d'épaisses trainées, et le tapis dont ne dépassaient que deux pieds était d'un blanc totalement obscurci. Oui, une éclipse. C'était la seule image qui arrivait à l'atteindre.
Des cheveux blonds dépassaient du tapis, quelques boucles illuminées et collées entre elles par cette mélasse omniprésente. Deux hommes aux gants de latex avait ouvert mesurément la toile tissée et l'avait déroulée lentement, découvrant un cadavre mutilé, changé en une bouillie inhumaine. Des entailles profondes la tailladaient, tout son corps avait été minutieusement découpé avec une maniaque atrocité. Aucun organe ne semblait à première vue répondre absent à l'appel, mais elle était totalement et hideusement défigurée. Son visage devenait noir tant le sang avait coulé de toutes ses veines. Jake baissa les yeux pour ne plus voir cette image, mais celle qui l'attendait était pire encore...
Sur sa poitrine, trois entailles profondes, en travers, comme la griffure d'un chat, laissant au regard des éclats blancs horizontaux et un bout de coeur à vif. Plus bas encore, les mêmes marques, sur les cuisses et tout le reste de la jambe était parsemé de traits éventrés irrégulièrement.